Catégorie : poemes

  • L’utopie

    L’utopie On la confond volontiers avec un zinzin pour gens fatigués. Elle n’est pourtant pas l’illusion naïve qu’on caricature. Plutôt une trajectoire qui dérange. Désir d’ouvrir d’autres possibles quand la raison a fait son temps dans les cimetières bien tenus. Mise en danger de soi. Abandon du confort. Marche sans garantie. À peine une voix.…

  • Dans la chaleur de l’amour

    Oui, toute la journée il avait fait grand frais ; si glaciale la nuit quand je me réveillai. La lune et la gelée irradiaient le jardin ; le givre couvrirait les vitres au matin. Le chat me rejoignit sur le tard sous les draps me gratifiant déjà de ses tours d’apparat comme seul un félin…

  • Le bagad de l’amour

    Je jouais du biniou, elle de la bombarde et nous vivions heureux avec quelques amis à former un bagad au cœur pur et ravi où l’amour en pilou renouvelait nos hardes ! Cénobites du diable en notre phalanstère, communauté soudée autour de ses sonneurs qui planaient dans l’éther afin que nul ne meure sans jamais sacrifier…

  • J’ai aimé, j’aime et j’aimerai

    J’ai aimé. Sans trop savoir pourquoi. Des visages, des voix, des mains et des baisers ont comblé mes attentes, m’ont apporté la joie. Je rends grâce au passé de tout ce qu’il m’octroie. J’aime. Ce que je connais. Les gestes minuscules et le peu que je sais. Avec entêtement, j’observe ce qui se fait, accepte,…

  • Cochère forever

      Cochère forever A l abri sous la porte cochère Je regarde pleurer les nuages Ils me sont subsidiaires Tant une tendre pluie Caresse mes images Quelques gouttes          De souvenirs réveillés Perlent en médaillon Le crépuscule était notre allié Nous n’en avions aucun doute Des ombres éclairaient la rue Nous refusant le…

  • Nostalgie du futur

    Nostalgie du futur, l’avenir ne vient pas mélancoliquement, hélas ! je me souviens — et malgré qu’on en ait — de la vie qui tiendra si le temps me rattrape en un ultime lien. Du passé je me moque et le présent m’ennuie, mais je garde à l’esprit n’en déplaise aux fâcheux des bribes de ce…

  • Oie sauvage

    Il se pourrait bien qu’une oie sauvage se soit attardée.   Oui, il se pourrait bien. Que ses pas dans la neige laissent une trace bien plus longue bien plus profonde Qu’il n’y parait.   Pourquoi ne fuit elle pas l’hiver Pourquoi ne pas rejoindre ses congénères Il se pourrait bien qu’une oie sauvage se…

  • Quixotte

    Don On l’a vu arriver. Mal bâti. Bavard. Ça mettait mal à l’aise. On lui a expliqué. Longtemps. Il a écouté. Puis continué. Il parlait comme un tract. Des mots trop grands pour lui. On a dit : il se prend pour quelqu’un. Aux moulins il a foncé. Poitrine découverte. Certains ont parié. Il est tombé.…

  • Grand Paris – Marc Hiver – chanson

    Paris, tu la vis ta vie, maisRis pas si j’te dis qu’à ParisDe la Bastille à Saint-DenisTu te propulses loin des quais.De Charenton à La Défense,On enjambera la CeintureVers la banlieue où tu conjuresPar tes baisers tout’ma défense ! Tous les ponts du périphériqueSe panament jusqu’aux faubourgs,Le Grand Paris de nos amours,On y danse sur ses musiques. Paris, tu vis…

  • Délacement

    Délacement La nuit a chassé mon fardeau de peurs et d’espoirs tricotés j’avais délacé mes rideaux embrumés de fils étoilés A l’aube il a plu des cristaux de nacre et perle dégelés la nuit a chassé mon fardeau de peurs et d’ espoirs tricotés Le jour inventa ses joyaux colliers de plaisirs démodés baisers ruisselants…

  • Paris, son nombril

    Lui qui se prend pour la France. Paris vautré sur sa Seine, érectant de sa Tour un majeur, au nez de son passé. Paris une avenue, trois trottoirs, deux cafés, l’univers vu de biais. Paris qui certifie que le monde commence aux bouches de son métro. Paris, mon vieux Paris. Toi qui penses pour les…

  • Mes fantômes bien-aimés

    Mes fantômes bien-aimés   La nuit je chasse les fantômes Qu’ils soient sexy ou paltoquets Je n’ai pas besoin de diplômes Pour les traquer ni de brevets   Alors depuis que je suis môme Je cours partout hors mon chevet Mais mes genoux étant douillets Ne sors sans mon mercurochrome   C’est donc couverte d’hématomes…