Catégorie : poemes
-
Dov’è la casa del ballerino Livio ?
Dov’è la casa del ballerino Livio ? Naples évidemment ! la ville est un ballet où chacun se faufile et dont le Vesuvio vous donne le tempo au milieu des palais. Et tous les angelos de Capodimonte aux ailes porcelaine en un furieux désir sur la haute colline embrassent des palmiers frôlés par les avions…
-
Les légendes boivent rarement seules
La pluie hésitait depuis une heure sans réussir à devenir sérieuse. Dans le bistrot de la mère Bœuckly, le cidre travaillait mieux que le temps. La salle sentait : le varech humide, la soupe ancienne, la laine mouillée, et cette chaleur fatiguée des auberges du Cotentin où les hommes viennent surtout vérifier qu’ils existent encore…
-
Quand le manoir devint plus habitable que Mårkvar
Le Cotentin avait passé la nuit à déplacer le mauvais temps. Le crachin allait vers la mer. Le soleil hésitait dans les haies. Le noroît revenait régulièrement pour vérifier que personne n’était heureux trop longtemps. Mårkvar remontait lentement vers le manoir. Il tenait encore. Toujours penché légèrement du mauvais côté. Toujours construit avec cette confiance…
-
Le jour où les pêcheurs retinrent la mauvaise version
Le Cotentin ne changeait pas. P’t’êt’ bien qu’oui … Sa pluie hésita entre deux intensités, puis choisit celle qui expliquait mieux la situation.. Le vent suivit les haies avec méthode. Même les flaques semblaient savoir où regarder. Mårkvar avançait vite. Par contrariété surtout. Derrière lui, Kåthrïn portait le sac des textes récupérés : trois feuillets…
-
Histoire d’eau
Un air de clapotis de plus en plus précis alerte mon ouïe Mais d’où vient donc ce bruit j’écoute, m’ en approche, m’y voilà, j’y suis Fichu radiateur il m’a déjà fait l’coup du tuyau gaz-ouilleur Un filet de pluie molle tombe sur mon tapis de livres couvre -sol Dans la bibliothèque…
-
La mer garde ce qu’elle refuse
La mer avait rejeté quelque chose pendant la nuit. Personne ne savait quoi exactement. Le vent poussait du noroît par grandes rafales froides qui traversaient les clos, les manches, et les discussions. Le soleil apparut une minute entière. Les Aujårds commençaient à y croire quand la pluie arriva de côté pour corriger l’erreur. Mårkvar descendit…
-
Le jour où l’eau prit le large
Le Cotentin s’était levé avant tout le monde. Il sentait l’eau froide avant même qu’il ne pleuve. C’était déjà suspect. Le manoir suintait légèrement par endroits utiles. Le feu fumait de travers. Quelque chose gouttait dans un seau qui n’avait rien demandé. Kåthrïn ouvrit un œil. — Il pleuvra quand ça aura décidé, dit-elle. Mårkvar…
-
Le toit tenait encore
Le lendemain, le manoir sentit mauvais avant même le lever du jour. Pas une mauvaise odeur franche. Quelque chose de plus compliqué. Un mélange de suie froide, de laine humide, et de dieu mal réveillé. Kåthrïn dormait encore près du feu, un couteau sous la main, par prudence contre les réveils. Dans la grande pièce,…
-
Coeurs de violettes
Il était d’un âge où l’on n’y croit déjà plus La vie accorde aux blessures de sentiments Ses pansements pour déchirures non voulues Qu’elle recoud sur des corps presque sénescents Le soleil de l’été s’invita de fanfare Son regard avait croisé des yeux primevère Tous sens ravivés, abandonnant son cafard Il vit…
-
Le manoir recommença mal
Ils arrivèrent au manoir à l’heure humide où le Cotentin semble avoir été laissé dehors toute la nuit. Le toit tenait encore. Une fumée sortait de la cheminée, très mince, comme si le feu économisait ses convictions. Le chien descendit le premier. Il traversa la cour, s’arrêta devant l’auge renversée, la renifla longuement, puis regarda…
-
Enfin la vérité
Je marchais à grands pas, car j’avais rendez-vous avec la vérité. Or depuis des années le pot aux roses fuit en un jardin tabou. Malgré la fraîche du matin, je l’espérais cette vérité vraie qui tirerait un trait sur ces années d’errance au cœur des roseraies. Qu’on me mette au parfum des choses de la…
-
Le casque
Le casque avait disparu d’une manière sérieuse. C’est-à-dire : sans témoin fiable, sans bruit. Les versions variaient légèrement selon les Aujårds, ce qui donnait immédiatement au problème une gravité raisonnable. Mårkvar fouillait la table depuis plusieurs minutes déjà. Le couteau. Le verre. Les runes. Une miche entamée. Encore le verre. Pas de casque. — Tu…