Catégorie : poemes
-
Lupins du Cotentin
Nous, qui sommes lupinset parlons entre nousnotre propre langageinconnu des horsains qui passent prés de nouset ne l’entendent pas,sautons à quatre rimespour les mieux dévorer des joies de notre vie,vraie ou imaginaire.Ne nous pointez du doigt :le doigt rompt le passage, nous disparaîtrionsde votre imaginaire.Mais si vous nous parlez,alors nos vers s’écartent et vous pourrez…
-
Le loup-garou du Cotentin
Il m’arrive souvent les nuits de pleine lune de me changer en loup et d’arpenter la grève du côté de Fréval où le Nô sort des dunes avant de me happer comme un attrape-rêves. J’y vais déchiqueter des souvenirs anciens, les mânes de mes morts du temps que j’étais beau quand les filles en fleur…
-
Toi poésie
C’est la journée mondiale de la Poésie.. Toi… poésie Je n’ai pas toujours envie de te voir là où tu es je n’ai pas non plus le goût de te lire là où tu n’apparais pas je ne suis pas d’avance sensible à ton absence Mais je sens ta présence dans les…
-
Entre deux morts
Au commencement, la Mort régnait sur la Terre. La Terre était stérile et de vie, point du tout. Pas le moindre plancton pour nourrir notre mer, et dans l’abîme froid rien qui fût un peu doux. Alors, comme se réveillant du fond des âges, la Mort dit à son serviteur du nom de Dieu :…
-
Comme
A chaque nuit nouvelle, je cherche après la lune, Comme si je craignais qu’elle ne se trouve en fuite; Passagère et légère que je prendrai pour l’une De ces âmes faciles aux relations sans suite. Moi, j’exige de sa part, une exclusivité, Comme si j’étais son homme, auquel elle se réserve. Je veux qu’elle m’ensorcelle…
-
Le pays où je vis
Je vis dans un pays où la mélancolie n’est jamais de saison et bannit la mort lente qui enterre ses fruits tombés en vaine rente de cette nostalgie dont l’âme fait son lit. Le rêve d’un ailleurs vers des contrées arides, quand le sang indigo coule sans avenir, n’émousse pas l’amour exaltant les soupirs des…
-
La tour de Pise
Si un jour il m’était donné de dégommer la tour de Pise je vous dirai avec franchise, mais aussi, pourquoi se pencher ? Alors si par inadvertance je faisais cocu un ami je verrais en catimini — et en riant — sa déchéance. Tiens ! si les drones de la guerre se croient malins avec…
-
Saxofrage
Il joue souvent du saxo debout Pour lui susurrer quelques mots doux Mais pour ne pas que cela se sache Dans un endroit discret il se cache. Là, il laisse sa main sur sa an-anche – Et sa bouche sur son bec se pen-enche- De son âme il tire des frissons Ce sera…
-
Pas con
Je ne voudrais pas qu’on me prenne pour un con sous le prétexte que je serais fou, quoique ! Grotesque est mon credo, Cyrano, mon bedeau et j’envisage même la farce pénultième. Toi le poète dont on chante le pur don, que ton vers nous enchante ! Alors, moi, Don Quichotte avec Sancho, mon pote,…
-
Milouze se déchaîne
Milouze l’inspecteur, peut-être l’inspectrice, toujours au bord du genre et toujours à la fête se faisait une joie de mener cette enquête à partir d’un cadavre, distinction fondatrice. Le légiste entama de visu son constat sur le corps pantelant d’un cisgenre impudique exhibant mille plaies avec pour tout viatique un rictus de douleur à l’orée…
-
Ainsi soit il
J’ai brisé le sablier du temps Égaré ma seconde d’éternité Il me faudra bien une autre perpétuité A courir les plaines désertes Pour la chercher Ainsi soit il. … J’ai perdu le nord La tête, le cœur et le ponant J’ai perdu encore Plus que ton corps Tout mon occident Ainsi soit il. … Je…
-
Je veux mourir demain
Enfin ! libéré du bonheur, je peux m’adonner au malheur dont je veux au clair de la lune tremper dans les larmes ma plume. Désespoir, assombris le ciel, donne à mes vers le goût du fiel que je redoute l’avenir et chasse l’idée de plaisir ! Je voudrais comme toi, Werther, me vautrer dans le…