Catégorie : poemes

  • Un air de bon aloi

    Une brise marine embrumait le rivage et les pins maritimes floutant le paysage balançaient en leurs cimes les oiseaux de passage. Je marchais sur la grève en esquivant mes pas avec au bout des lèvres et malgré le noroît au gré de l’heure brève un air de bon aloi. Passé outre ma vie, ses souvenirs…

  • Si je meurs demain

    Mais si je meurs demain où irai-je me reposer ? Et je serai dépossédé, donc endormi par un triste destin ? Or je ne vois pas d’issue ni par l’esprit têtu ni pour trouver les mots, car je file le faux. À la mer des Sargasses à midi ou à minuit, dans la peur, sans…

  • Le bel canto

    Par un jour de ciel bleu sans nuages, sans masque où je traînais mes basques, on me fit les grands yeux. Et dans ce Pays basque au joyeux camaïeu, terre de tant d’aïeux je découvris la vasque. Cette cuvette en marbre ornant une fontaine dont on voyait les veines m’invita sous son arbre. Les grands…

  • Portes-fenêtres

    Ils peuvent ouvrir ou fermer se faire portes ou fenêtres pour faire le bien ou mal-être ils sont parfois des murs comme des armures avec lesquels on cogne comme un bec de cigogne ils sont armes ou amour larmes ou velours meurtriers ou câlins bêtes ou malins ce sont des chansons remèdes ou poisons il…

  • Un secret bien caché

    Ce secret bien caché dont on perdit la clé je l’avais retrouvé au fin fond du grenier. Et donc au chalumeau trouvé sur le carreau je lui sciais l’anneau à ce cadenas gros. Dans la malle au trésor parmi bien des remords Il gisait mirliflore sans soucis du folklore. Le secret était là qui n’attendait…

  • L’or de la rivière

    Cette rivière, dont le lit recouvert par une eau bénite, regorgeait d’or et de pépites bien assez pour toute une vie. Moi, l’orpailleuse de l’amour j’attendais que ma concession filtrât l’enjeu de ma passion à l’aune de mon cœur trop lourd. Et c’est sur la rive opposée que le gaillard, qui ratissait le même filon…

  • A l’aune d’aujourd’hui

    Mon regard se pose sur des endroits évanouis Qui cependant revivent à l’aune d’aujourd’hui. Toute mon histoire les cherche comme pour une aventure Qui va me ménager de l’absence, le futur.

  • Errance poétique

    Je ne voudrais pas qu’on croie tout ce que je dis, car si je joue au con, je ne sais pas pour qui ! Et quant à ce pourquoi qui taraude mon ki comment j’en reste coi alors que je m’en ris ? Le corbeau croassant se moque de l’époque et de tous ces passants…

  • Après l’errance

    Après avoir erré au milieu des vivants, je m’encanaillerai parmi tous mes amis, morts. Dans la nécropole, aux confins du présent, nous chanterons l’amour et le vert paradis. Les oiseaux de malheur y seront interdits et seuls les colibris et tous les oiseaux-mouches pourront s’y reposer et y faire leur nid tout en zinzinulant des…

  • Par la force du vent

    Comme l’oiseau troublé par la force du vent sur la plus haute branche au faîte de l’ennui quand une aube transie effarouche le temps, une femme réveille un cœur endolori. La nuit fut agitée et Morphée se morfond d’avoir rêvé sa vie sans qu’il fût avéré qu’un démon personnel au feu d’un noir profond lui…

  • Était-ce toi ?

    Était-ce toi m’amour que je vis l’autre jour danser au Zimbabwe dessous la canopée ? Tu semblais si gracile et pourtant si fragile ; lors moi le phacochère je ne pouvais me taire. On dit dans la savane que l’herbe se pavane en te sentant croquer la vie en plein été. Moi, de mes yeux…

  • Un pourceau d’Épicure

    Oui ! je vis dans la joie sous les toits de Paris où je suis comme un roi, un roi dont les envies font la loi à l’envi et se rient sous la soie des draps de tous les lits lors qu’ils plient ses émois. Je jouis de bon aloi et vois sans qu’aucun cri…

  • La dame de la côte

          Mon Dieu, je suis bien mal fichue Hier dans mon jardin j’ai chu Un côte me suis cassée Me voilà bien handicapée   Je geins et pleure à en mourir Cabrel pourrait presque le dire , Ou comm’ dirait ma petit’ fille Là, je suis au bout de ma vie   Pourquoi…

  • Dov’è la casa del ballerino Livio ?

    Dov’è la casa del ballerino Livio ? Naples évidemment ! la ville est un ballet où chacun se faufile et dont le Vesuvio vous donne le tempo au milieu des palais. Et tous les angelos de Capodimonte aux ailes porcelaine en un furieux désir sur la haute colline embrassent des palmiers frôlés par les avions…

  • Les légendes boivent rarement seules

    La pluie hésitait depuis une heure sans réussir à devenir sérieuse. Dans le bistrot de la mère Bœuckly, le cidre travaillait mieux que le temps. La salle sentait : le varech humide, la soupe ancienne, la laine mouillée, et cette chaleur fatiguée des auberges du Cotentin où les hommes viennent surtout vérifier qu’ils existent encore…

  • Quand le manoir devint plus habitable que Mårkvar

    Le Cotentin avait passé la nuit à déplacer le mauvais temps. Le crachin allait vers la mer. Le soleil hésitait dans les haies. Le noroît revenait régulièrement pour vérifier que personne n’était heureux trop longtemps. Mårkvar remontait lentement vers le manoir. Il tenait encore. Toujours penché légèrement du mauvais côté. Toujours construit avec cette confiance…

  • Le jour où les pêcheurs retinrent la mauvaise version

    Le Cotentin ne changeait pas. P’t’êt’ bien qu’oui … Sa pluie hésita entre deux intensités, puis choisit celle qui expliquait mieux la situation.. Le vent suivit les haies avec méthode. Même les flaques semblaient savoir où regarder. Mårkvar avançait vite. Par contrariété surtout. Derrière lui, Kåthrïn portait le sac des textes récupérés : trois feuillets…

  • Histoire d’eau

          Un air de clapotis de plus en plus précis alerte mon ouïe Mais d’où vient donc ce bruit j’écoute, m’ en approche, m’y voilà, j’y suis Fichu radiateur il m’a déjà fait l’coup du tuyau gaz-ouilleur Un filet de pluie molle tombe sur mon tapis de livres couvre -sol Dans la bibliothèque…

  • La mer garde ce qu’elle refuse

    La mer avait rejeté quelque chose pendant la nuit. Personne ne savait quoi exactement. Le vent poussait du noroît par grandes rafales froides qui traversaient les clos, les manches, et les discussions. Le soleil apparut une minute entière. Les Aujårds commençaient à y croire quand la pluie arriva de côté pour corriger l’erreur. Mårkvar descendit…

  • Le jour où l’eau prit le large

    Le Cotentin s’était levé avant tout le monde. Il sentait l’eau froide avant même qu’il ne pleuve. C’était déjà suspect. Le manoir suintait légèrement par endroits utiles. Le feu fumait de travers. Quelque chose gouttait dans un seau qui n’avait rien demandé. Kåthrïn ouvrit un œil. — Il pleuvra quand ça aura décidé, dit-elle. Mårkvar…

  • Le toit tenait encore

    par

    dans

    Le lendemain, le manoir sentit mauvais avant même le lever du jour. Pas une mauvaise odeur franche. Quelque chose de plus compliqué. Un mélange de suie froide, de laine humide, et de dieu mal réveillé. Kåthrïn dormait encore près du feu, un couteau sous la main, par prudence contre les réveils. Dans la grande pièce,…

  • Coeurs de violettes

        Il était d’un âge où l’on n’y croit déjà plus La vie accorde aux blessures de sentiments Ses pansements pour déchirures non voulues Qu’elle recoud sur des corps presque sénescents   Le soleil de l’été s’invita de fanfare Son regard avait croisé des yeux primevère Tous sens ravivés, abandonnant son cafard Il vit…

  • Le manoir recommença mal

    Ils arrivèrent au manoir à l’heure humide où le Cotentin semble avoir été laissé dehors toute la nuit. Le toit tenait encore. Une fumée sortait de la cheminée, très mince, comme si le feu économisait ses convictions. Le chien descendit le premier. Il traversa la cour, s’arrêta devant l’auge renversée, la renifla longuement, puis regarda…

  • Enfin la vérité

    Je marchais à grands pas, car j’avais rendez-vous avec la vérité. Or depuis des années le pot aux roses fuit en un jardin tabou. Malgré la fraîche du matin, je l’espérais cette vérité vraie qui tirerait un trait sur ces années d’errance au cœur des roseraies. Qu’on me mette au parfum des choses de la…

  • Le casque

    Le casque avait disparu d’une manière sérieuse. C’est-à-dire : sans témoin fiable, sans bruit. Les versions variaient légèrement selon les Aujårds, ce qui donnait immédiatement au problème une gravité raisonnable. Mårkvar fouillait la table depuis plusieurs minutes déjà. Le couteau. Le verre. Les runes. Une miche entamée. Encore le verre. Pas de casque. — Tu…