Catégorie : poemes
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Silence interdit
Silence interdit Le poète, Lui seul sait écrire Lui seul sait accoucher les mots De ce que l’on ne peut pas dire Pour en exsuder le chaos Le poète, A l’exactitude Pour dessiner les longues nuits Blanches et crues de solitude Peuplées de souffrance et non-dits Le poète, Lui, ose chanter…
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L’Émissaire du vent
Le vent souffla. S’arrêta. Repartit dans l’autre sens, comme s’il avait oublié pourquoi il venait. Il ralentit pour laisser passer un seau qui traversait le ciel. Il tomba en silence. Le bruit arriva après. Dedans : des poissons très droits, alignés, chacun avec un bonnet trop sérieux pour la situation. — Bonjour, dit le seau.…
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Jouvence de l’amour
Je n’ai jamais compris Pourquoi un métronome Régirait notre vie De morts-vivants — en somme. Et puis t’as débarqué Avec tes illusions, Alors j’ai adoré Partager ta vision. Le temps semble infini Et très court à la fois Qui nous a réunis. Parfois je te confie En riant l’autrefois Tant le présent sourit.
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Barde et histrion
Barde et histrion, moi le thuriféraire ès poésies, je reste mirmillon des vers n’en déplaise à tous les sycophantes. Vous les catéchumènes un peu naïfs, épigones sans génie de leur maître, ne seriez-vous pas un peu nécromants dans l’art funéraire des lettres ? J’en ai connu des coryphées, des chefs de chœur patentés, mais jamais…
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Le chaos correctement réglé
Le vent soufflait comme s’il avait bu trop de cidre. La mer secouait ses vagues pour applaudir. Mårkvar marchait. Kåthrïn le suivait. Les Aujårds, trop curieux pour rester à table, s’étaient joints à eux. –– Tu sens quelque chose ? demanda-t-elle. –– Quoi ? –– Une perturbation… ou un visiteur… –– Encore ? –– Oui.…
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[la Galerie de Diane] portrait n°4 : les masqués
C’était un grand théâtre à ciel ouvert, Comme à Venise, un jour de carnaval L’on y déambulait, masqué de pair Et dansait, en chantant le madrigal. Colombines et marquises gloussaient, Faisant aux troubadours la révérence Des princes perruqués flattés, riaient Charmés par si profonde déférence. Un soir de pluie, un vent…
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Le monde presque
Le soleil s’était levé. Ou peut-être qu’il se couchait. Les ombres, en tout cas, discutaient entre elles. Mårkvar marchait vers son manoir, Kåthrïn l’accompagnait, tirant derrière elle un peu de vent qui ne voulait pas choisir de direction. –– Tu vois ? dit Kåthrïn. –– Quoi ? –– Tout est légèrement… faux. Mårkvar leva la…
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[la galerie de Diane]Portrait N°3 les pleureuses
Parce que Là..je m’ennuyais tristement En parcourant quelques écrits Maigres poèmes larmoyants Rien pour ravauder mon envie Et que Ne consultant plus que factures Mon courrier, rien de superflu Après café et confiture Tout autre travail suspendu Car La poésie ? Toute noyée : Pluies de pleurs, pluies d’ors et de cire N’en finissaient plus de couler…
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Le Chemin des Douåniërs Déchaînës
Alors que la mer gloussait, que le vent prenait les girouettes et que la Roche se laissait lécher le Blanc par une vague qui insistait, Mårkvar et Kåthrïn avançaient sur le Chemin qui suivait la côte, s’en écartait, revenait comme s’il avait oublié quelque chose. On entendait la mer sans la voir. Mårkvar mâchonnait ses…
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Encore
Je veux profiter encore pendant que mes doigts bougent du moment présent voir la pluie valser dehors entendre siffler la bouche du vent une rose rouge aux pétales séchés entre deux pages du temps Je veux respirer l’odeur câline des pommes sucrées et celle du thé infusant dans la proche cuisine de mon excentrique…
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Les paysages m’ennuient ! (remanié le 11/04/26)
Je ne voudrais pas me mentir : je ne suis pas impressionniste ! L’eau qui grelotte et qui soupire ne fera pas vibrer mon cistre. Le coaltar qui brille au soleil dans l’outrenoir des lourdes plates ; les vaquelottes, les Abeilles, ne m’inspirent que rimes plates ! Entre fort Joret et Fréval, sur l’étroit chemin…
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Le jour où Mårkvar a tenté de discipliner la brume
Du haut de sa tour, Mårkvar fouillait l’horizon. Il cherchait Blanche-Roche. La mer était là, mais pas à sa place. La Roche non. — Je n’ai rien fait, dit la Manche. Quatre défaites de mouettes s’étaient écoulées depuis le naufrage. Trente tonneaux de cidre. Plus une goutte d’hydromel. Les Aujårds dérivaient. Lentement mais sûrement. Deux…