Catégorie : poemes

  • Cougar à toi !

        Une sphinge ailée, au joli corps léonin Se pensant plus futée que les autres humains Défia un garçon, sûre qu’il ne saurait Pas résoudre l’énigme qu’elle poserait Mal lui en prit , puisque le jouvenceau, madré Trouva la solution : lui mit sous le nez De dépit et rage elle courut sur le…

  • Cherbourg, transe maritime

    Quand le train entre en gare au terme d’un voyage avec pour tout bagage une envie qui s’égare de retrouver le port pour un nouveau départ vers un lointain à part sans risque de naufrage ; quand la rade au plus fort des cris du goéland en ce pays normand où le ciel n’a pas…

  • Moi, ce héros

    Sms. Mercredi. 21 juin. 19h54. Peux-tu me rappeler d’urgence. Uniquement par sms. J’attends. Trois phrases. Trois coups brefs. La porte de mon ancien rôle qui tremble encore sur ses gonds. Jeudi. 13h12. Je réponds. Reçois seulement ton sms. Que puis-je faire pour toi ? Une minute. Deux. Le temps se ratatine. Je redeviens ce que…

  • Valentin le Désossé

      Un Valentin quelque peu cabossé Vint à se faire quelque peu désosser Par une Valentine au rayon X Qui cherchait vérité comme idée fixe C’est peu dire qu’elle le mettait au grill Quitte à mettre sa psyché en péril Ce pauvre hère, certes un peu retors Voyait déballé, au jour, tout son tort Lui…

  • En ce jour lumineux

    En ce jour lumineux je parcours en rêvant cette carte du tendre où je me perds souvent avec mon amoureux aux petits soins pour moi sans pour autant qu’il croît maîtriser mon émoi. Quelques bourgeons épars annoncent le printemps et je me vois déjà courir comme une enfant poursuivie par l’amour qui me tendrait les…

  • La fable du ruissellement

    Descendant direct d’une bergère et d’une cruche optimiste, Empereur du pondoir, Napoléon des nids empilés, Perrot parlait aux poules comme on parle aux nuages : — Poules, vous vivrez. — Poules, vous compterez. — Poules, vous pondrez. Les poules hochèrent la tête. Certaines perdirent une plume. D’autres l’espoir. Perrot bâtit son palais vertical : le…

  • Le bien, le beau, le vrai

    Du temps qu’il faisait beau et que tout allait bien nous étions dans le vrai. Au printemps les oiseaux chantaient des airs anciens et nous vivions au frais. Le soleil levé tôt éclairait — ô combien ! l’hétéro et le gay. Ta peau contre ma peau dans de doux va-et-vient au branle s’adonnait. Le merle…

  • Ils ne m’écoutent pas ( gogyohka)

      Je ne sais toujours pas Comment arrêter un nuage Et coincer une goutte de pluie Il faut me ranger à l’idée Qu ils ne m’écoutent pas  

  • Saint Tartarin

    J’ai une chère amie dont le charmant mari me fait, en confiance, part de ses confidences Ignorant -le bandit- que je connais aussi sa naïve maîtresse objet de ses caresses Qui, et c’est mon avis subit, trop asservie la visite assidue de cet individu Je n’en crus pas mes yeux lorsque, peu scrupuleux assis dans…

  • Un vol de femmes nues

    Un vol de femmes nues par dessus la maison se posa au jardin parmi les frondaisons et le pin parasol sous le soleil brillait lors que sur un transat à sexte je priais. Jamais je n’avais vu autant d’anges fessus de toutes les couleurs en descendant des nues, d’un charmant paradis, ces oiseaux à mamelles…

  • Vendredi 13

    Mon film débuterait en deux mille vingt-six et comme par hasard au mois de février, un beau vendredi treize où j’aurais acheté ce ticket de loto et mon mêlé-cassis. En mon for intérieur, je sens le jour de chance et que je vais gagner de quoi vivre ma vie au nez, à la barbe de…

  • Rallumer nos étoiles

    ( inspiré par le texte Utopie de Charlie )   Rallumer nos étoiles Il est grand temps de rallumer nos étoiles Au lieu d’allumer et poser des bougies De déverser tant de larmes sur la toile En attendant en pleurs que cesse le bruit Il est temps de hisser très haut la grand voile Et…

  • Le petit pauvre type

    Je suis, je vous l’avoue, un petit pauvre type, un pourceau d’Épicure, une petite chose, une chiure de mouche empâtée de la prose, un vers dans l’univers banni de tous les sites. Je ne vaux même pas la corde pour me pendre, encor’ moins les amis toujours trop bienveillants qui pleurent de me voir disperser…

  • L’utopie

    L’utopie On la confond volontiers avec un zinzin pour gens fatigués. Elle n’est pourtant pas l’illusion naïve qu’on caricature. Plutôt une trajectoire qui dérange. Désir d’ouvrir d’autres possibles quand la raison a fait son temps dans les cimetières bien tenus. Mise en danger de soi. Abandon du confort. Marche sans garantie. À peine une voix.…

  • Dans la chaleur de l’amour

    Oui, toute la journée il avait fait grand frais ; si glaciale la nuit quand je me réveillai. La lune et la gelée irradiaient le jardin ; le givre couvrirait les vitres au matin. Le chat me rejoignit sur le tard sous les draps me gratifiant déjà de ses tours d’apparat comme seul un félin…

  • Le bagad de l’amour

    Je jouais du biniou, elle de la bombarde et nous vivions heureux avec quelques amis à former un bagad au cœur pur et ravi où l’amour en pilou renouvelait nos hardes ! Cénobites du diable en notre phalanstère, communauté soudée autour de ses sonneurs qui planaient dans l’éther afin que nul ne meure sans jamais sacrifier…

  • J’ai aimé, j’aime et j’aimerai

    J’ai aimé. Sans trop savoir pourquoi. Des visages, des voix, des mains et des baisers ont comblé mes attentes, m’ont apporté la joie. Je rends grâce au passé de tout ce qu’il m’octroie. J’aime. Ce que je connais. Les gestes minuscules et le peu que je sais. Avec entêtement, j’observe ce qui se fait, accepte,…

  • Cochère forever

      Cochère forever A l abri sous la porte cochère Je regarde pleurer les nuages Ils me sont subsidiaires Tant une tendre pluie Caresse mes images Quelques gouttes          De souvenirs réveillés Perlent en médaillon Le crépuscule était notre allié Nous n’en avions aucun doute Des ombres éclairaient la rue Nous refusant le…

  • Nostalgie du futur

    Nostalgie du futur, l’avenir ne vient pas mélancoliquement, hélas ! je me souviens — et malgré qu’on en ait — de la vie qui tiendra si le temps me rattrape en un ultime lien. Du passé je me moque et le présent m’ennuie, mais je garde à l’esprit n’en déplaise aux fâcheux des bribes de ce…

  • Oie sauvage

    Il se pourrait bien qu’une oie sauvage se soit attardée.   Oui, il se pourrait bien. Que ses pas dans la neige laissent une trace bien plus longue bien plus profonde Qu’il n’y parait.   Pourquoi ne fuit elle pas l’hiver Pourquoi ne pas rejoindre ses congénères Il se pourrait bien qu’une oie sauvage se…

  • Quixotte

    Don On l’a vu arriver. Mal bâti. Bavard. Ça mettait mal à l’aise. On lui a expliqué. Longtemps. Il a écouté. Puis continué. Il parlait comme un tract. Des mots trop grands pour lui. On a dit : il se prend pour quelqu’un. Aux moulins il a foncé. Poitrine découverte. Certains ont parié. Il est tombé.…

  • Grand Paris – Marc Hiver – chanson

    Paris, tu la vis ta vie, maisRis pas si j’te dis qu’à ParisDe la Bastille à Saint-DenisTu te propulses loin des quais.De Charenton à La Défense,On enjambera la CeintureVers la banlieue où tu conjuresPar tes baisers tout’ma défense ! Tous les ponts du périphériqueSe panament jusqu’aux faubourgs,Le Grand Paris de nos amours,On y danse sur ses musiques. Paris, tu vis…

  • Délacement

    Délacement La nuit a chassé mon fardeau de peurs et d’espoirs tricotés j’avais délacé mes rideaux embrumés de fils étoilés A l’aube il a plu des cristaux de nacre et perle dégelés la nuit a chassé mon fardeau de peurs et d’ espoirs tricotés Le jour inventa ses joyaux colliers de plaisirs démodés baisers ruisselants…

  • Paris, son nombril

    Lui qui se prend pour la France. Paris vautré sur sa Seine, érectant de sa Tour un majeur, au nez de son passé. Paris une avenue, trois trottoirs, deux cafés, l’univers vu de biais. Paris qui certifie que le monde commence aux bouches de son métro. Paris, mon vieux Paris. Toi qui penses pour les…

  • Mes fantômes bien-aimés

    Mes fantômes bien-aimés   La nuit je chasse les fantômes Qu’ils soient sexy ou paltoquets Je n’ai pas besoin de diplômes Pour les traquer ni de brevets   Alors depuis que je suis môme Je cours partout hors mon chevet Mais mes genoux étant douillets Ne sors sans mon mercurochrome   C’est donc couverte d’hématomes…