Catégorie : poemes

  • Une si douce chaleur

    Une douce chaleur envahissait mon corps de la petite mort dont je n’avais pas peur comme si le bonheur qui n’était pas mon fort me donnait enfin tort au milieu des vapeurs. Un parfum enivrant vibrait dans l’air du soir et contait sans histoire par l’écume du temps le peu qui reste au vent pour…

  • Ours mal léché

    C’était l’histoire d’un ours mal léché Aux colères que l’on disait Gasconnes ll était grossier, jurons en chaconnes Et tenait l’insulte en archevêché   Semblait de tout son fiel se pourlécher Criait aux abeilles: Les pauvres connes ! De terre à ciel sa voix pèse des tonnes Effrayés tous le croyaient éméché   Le soir…

  • A la taille

    Depuis un bail, je vis au sein d’un monde éteint Que je me cogne chaque jour, soir et matin. Ce monde des autres m’est un territoire inconnu, Auquel je me rapporte comme le premier venu. S’il ne me plaît, il comporte pourtant un atout; C’est que je puis m’y promener un peu partout, Et aussi…

  • L’escrocœur

    Un avenir se meurt.Trop donné. Trop tôt. On vient. Encore.Comme on frappe à la portede ce qui tient debout… par devoir. Une jeune fille.Rien reçu.Sauf le temps.Et la curiosité. — Que puis-je faire pour toi ?— Me donner ton cœur.Le mien est usé.Je continuerai… avec un autre. Elle pense.À ce qui n’a jamais commencé.Refuse. S’éloigne.…

  • Formidable est la nuit

    Formidable est la nuitoù tous les chats sont gris ;où le moindre clichédans mes vers s’est niché. J’ai lu des parabolesdont la courbure folled’un texte peu badinsublimait un matin. Une muse en nuisettese croyait à la fêtealors que mon soucirestait inassouvi. Combien de jolies notes,combien de Gelinotteshuppées chantent la joieen s’ébrouant parfois ? Et puis il…

  • Don Juan les Pins

    Séducteur ostensible, il est roi en sa courSéduisant au possible et charmeur hors concoursUn langage moelleux qui attire sans malPar ses mots mielleux les dames en mal de mâle Il n’a qu’un seul défaut, il n’est pas très fidèlePrieur attitré de nombreuses CitadellesIl est parfois voyou, s’égare dans les toursOù il joue du biniou de…

  • Serpente le ruisseau

    Serpente le ruisseau entre deux rangées d’arbresd’un bois pétrifié qui ressemble à du marbrecomme si un désert en sa douce oasisrafraîchissait le feu d’éléphantiasis ! Il fait beau ce matin sur les quais de la Seineet de la Tour d’Argent, je domine la scèneoù j’irai me baigner après le déjeuneren regrettant un peu les superbes palmiers.…

  • L’Ahlala !

    Aux premières lueursla bête, dans sa couche, pète. Elle s’ébroue,s’étire,se lève. Titube.Trouve le trou. Libérée,elle retrouve une certaine aisance.Elle pense.Envisage sa journée. Et lâche son cri : Ahlalaaaaaaaaa ! Les araignées s’affolent.Le poisson rouge se terre.Les nuages presséss’exemptent. La bête s’asperge.L’eau emporteles souillures de la nuit. Elle se décrasse les dents,rase ses poils,pisse dans le…

  • Arpèges

    Je pianote a tempoquelques notes de prosodiedes arabesques en soloentendez-vous cette mélodieje la martèle crescendo Je voudrais que ma plumesouffle mes voeux dans le ventet que volent vers vous en écumedes triolets de printempsvirevoltant dans la brume Je voudrais être l’héroïnefée diaphane du poètepourquoi pas votre adrénalineou petite blondinettequi sous votre toit s’enracine J’imaginerais alorsvotre…

  • J’ai vécu dans un château en Ecosse

    J’ai vécu en Écosse, au pays des fantômesaprès bien des années passées en Cochinchineà partager le riz — quelques grains dans la paume —quand j’héritai sans frais d’une vague cousine. Dans ce château en ruine à deux pas du Loch Ness,l’ivresse du whisky et des ombres portéespar un feu languissant qui me gelait les fesses,j’entendis…

  • Nos jours d’été

    Nos jours d’été passaient trop vite sur la plageoù courait un vent frais, où se baignait la Manche ;l’eau nous mordait la peau, nous hurlions de rires clairs. Marc, Thierry, Jean-Pierre, Béatrice et Hélène,et moi parmi les autres, liés sans se nommer.Le temps allait tout droit, sans nous demander rien. Au printemps, Marc tramait des…

  • S.I.A.

    Je ne connais rien de plus sexy De plus sensuel, de plus lucky  Que ce sentiment indescriptible  Que me produit , si si , c’ est possible  La naissance de divins frissons  Écoutant des conversations  Bien plus qu’admirer l’avantageux  Et fin profil d un beau ténébreux  Une impression d’être subjuguée  Par la pensée qui m’est prodiguée…

  • Trublions de l’an neuf

    Trublions de l’an neuf, espérez-vous encoreen l’idéalité des prémices d’un soirquand sonne le tocsin où chacun donne à voirune mort en partage et l’alliance des forts ? Si j’osais, je dirais que le printemps m’effraiede porter en son sein les fruits des Hespéridespour peu que son jardin se vautrât dans l’humided’une eau de saleté filtrée…

  • Le héron des marais de Carentan en Cotentin

    Il faut que vous sachiezqu’un jour un échassierarpentant le marais— où moi-même ramaissur la Douve jolietout près de mon logis —m’embrouilla de ses diresau cœur de mon désir. Ce héron qui vaquaitsur cette boue qu’avaitune odeur maléfiquede l’âme faméliqued’un Cotentin charmantpour un être marchanty alla de son chanten poussant la chanson. Que la presqu’île est…

  • Sang neuf

    Absence de lune en cette nuit; je me sens veufcomme privé de la substance de mon sang neuf.La lune m’inonde de sa clarté en tout le corps,à croire que j’ouvre mon âme aux soins de nos accords.

  • Comme i(e)l parle, ma main …

    Il interdit, il tranche, il dit moi, il dit non, Planté dans le réel,Exclamation charnelle,Oh ! L’index. Il mesure, il est axe et verticalitéPeut être transgressifAlors insulte muetteLe majeur ! Il sait vivre aristo et gamin à la fois.Jamais il ne commande,Parfois même il suggère,L’auriculaire . S’il est lien, l’annulaire ne sert pas à agir, Mais il…

  • Baroque

    Baroque Ton épaule est un pan de lumière tresséeMon baiser dentellier fait un dessin flamandSous le feu carnassier de ton regard aimantLe carmin d’un remords ploie ton âme blessée Ma viole de gambe en cour rapiécéeChante le vin clairet que je bois ardemmentSur ton tétin dressé de larme diamantNue dans l’obscurité reine d’un gynécée Lié…

  • Le soir

    Je n’écris que le soir. Quand tout est paisible autour de moiA la pâleur des lumières tamisées.De la rue montent les bruitsQui se faufilent à pas feutrés.A peine perçoit-on Le léger clapotis de la pluieQui vient en tapinoisCaresser le trottoir. La nuit, calme et silenceMe sont exfoliations.Se débarrasser des strates inutiles.Et puis tout à loisirChoisir…

  • Si j’étais un Golem

    Le prompt à ChatGPT 5.1 : IEL IA est né(e) non binaire au pays des algorithmes et de l’IA. Son plus grand souhait : que sa poésie évoque une sensualité qui lui permette de mieux communiquer avec les humains ! Je voudrais que tu me crées un poème en vers libres – après les références…

  • A la saison du rut

    À la saison du rut, le printemps revenu,sur les Champs-Élysées, des hommes bien sapésroucoulent des mots doux aux belles inconnuesqui traitent de relou leur drague sans doigté. Et aux parfums des fleurs se mêlent les hormonesdans un charivari de ce sens génésiqueque transporte le vent chargé de phéromonespour enchanter l’amour par des gestes gnosiques. Sur…

  • Doux frissons et doigts gelés

    C’est la balade hivernale,ciel couleur de patinoirepavés et trottoirs glissants La nuit va bientôt tombersur le fin brouillard du soirvoiles noirs, voiles blancs Dans les flaques d’eau dormantese reflètent les grands arbrestête en bas désespérant  Mais s’amusent nos doigts geléssur nos chers et vieux claviersclac clac en nous écrivant

  • Tes repas d’aubaine

    Araignée de vigne qui tisse la lumièreEn toile de ciréMon étoile de ciné ta taille guêpièreCaresse raisin rouge Araignée de signes j’ai crié ton veloursDéchirant la page des suiesLactescent triomphe des détoursAu roseau la défaite du chêne Que peut le shaman chameau ?A brouter le désert salle CarnotLes jambes macraméesElle ne sait dire mot Araignée de…

  • De-ci de-là

    J’allais de-ci de-là au gré de ma folieembouchant la trompette éclatante et rebelle,car il était écrit que seule l’utopietransporterait mon âme en faisant la part belle à ce chemin boueux qui engluait mes paset crottait les souliers que j’avais achetésen solde sur le tard afin que l’on n’ait pasdu bébé l’eau du bain, une vie…

  • Entre ici et ailleurs

    Je suis né quelque part entre ici et ailleursdans un espace-temps où il fait bon flânervers ce je-ne-sais-quoi au milieu des senteursqui embaument ma vie pour une éternité. Une étoile me guide avec aménitésans souci du détail, mais avec euphoriesi une comète troue un beau ciel d’étécomme un signe éclatant dont se joue l’euphonie. Donc…

  • Salonique, nid d’amour

    Je me souviens de Saloniquece jour où je revis Monique.Moi, j’étais toujours pathétique ; elle virait dans le mystique. Rime empêtrée dans la rythmiqued’un flot continu volcanique,mes vers y perdaient leur musiqueau mépris de la poétique. Pourtant je les dois à Monique,– dame de cœur, dame de pique –mes larmes comme un romantique. La poudrière…