Catégorie : poemes
-
Impair et passe
Impair et passe …ou impasse et paire ? Au fond d‘une impasse perdue dans la ville Loin de Stanislas j’’aime mon exil Des arbres en deuil laissent à leurs pieds Leurs robes brunes de feuilles froissées Remplissant l’espace, veillant sur la rue Ils font la grimace de se montrer nus Tu me prends la main…
-
Sur l’île Malabar
Sur l’île Malabar, moi qui étais chétif, je venais pour une étude ornithologique dans l’océan indien au cœur de ces tropiques où la femme débarque en pagne et sans sous-tif. Cette île inhabitée de l’atoll des Seychelles constitue bien une réserve naturelle avec en plein sud une forêt de mangrove et ses palétuviers où les…
-
Manhattan Transfer
L’amour est éternel, du moins à ce qu’on dit, et pourtant c’est la mort qui règne sur la vie et petit à petit affirme son empire en traçant sur les corps les rides et soupirs. Heureusement la femme au sommet de sa gloire sans souci des enfants qui deviendront ses hoirs fixe toute beauté, et…
-
Jean, un jeune patriarche de 101 ans
Adam engendra Seth à 130 ans, Adam vécut 930 ans. Seth engendra Hénoch à 105 ans, Seth vécut 912 ans. Hénoch engendra Mathusalem à 65 ans, Hénoch vécut 365 ans. Mathusalem engendra Lémek à 187 ans, Mathusalem vécut 969 ans. Lémek engendra Noé à 182 ans, Lémek vécut 777 ans. Noé engendra Sem, Cham et…
-
Le fil de faire
Au fil de la vie bien souvent, j’ai souri puis au fil du temps défilèrent les ans Le long fil des jours me rattrapa toujours et au fil des heures pleura, souvent, ma douleur De fil en aiguille suis devenue béquille pourtant le fil de faire consiste à ne pas se taire Sur le fil…
-
Mårkvar aux soixante-quinze vetr.
Les dieux, là-haut perchés, ont repris la pétanque.Thor vise la Grande Ourse.— Alors, ce vieux Viking ? demande Loki narquois.— L’a troqué l’hydromel contre le jus de pomme,répond Odin moqueur en vidant son triskèle. Car Mårkvar, le gaillard, pille désormais les caves,fait des petits bâtards à ses alexandrins,du haut de son manoir, pipe au bec,…
-
La Bataille prend
Elle était là depuis le début, mais elle n’avait pas encore décidé d’exister. Un Aujård se releva. Ou tenta. Son geste trouva sa position. Pas son corps. Il leva le bras. Pas haut. Pas fort. Juste assez pour que ça commence sans lui. — Non, dit-il. Mais le geste continua. Comme s’il avait été pris…
-
Dernier bal (Gogyōka)
Je ne sais pas ce que j attends Du temps qui danse autour de moi Il est un cavalier extravagant Un pas en avant deux pas en arrière Arrive l’heure du dernier bal
-
Ce que j’aime en amour
Ce que j’aime en amour, c’est le vent du désert, le Bédouin ensablé sur son fier dromadaire, L’Atlandide rêvée, j’y suis Antinéa et toi mon Saint-Avit fuyant au Sahara. Ce que j’aime en amour dans la carte du Tendre, pays imaginaire à l’abri des Cassandre, royaume de coquetterie bien tempérée, c’est une allégorie qui m’aura…
-
Au terme de mon temps
Au terme d’une vie passée dans l’opulence d’un palace au palais, de jets privés en Rolls, je n’ai aucun regret d’une telle existence, baignant dans le caviar à la louche de ruolz. J’aurais pu composer en mille et une nuits un harem impérial avec toutes les femmes qui eurent le bonheur de partager mon lit…
-
Hit the road, Jack!
La blondeur de ses cheveux Que capturait le soleil Enchantait tous mes aveux Comme un rêve à son réveil Elle portait une robe De mousseline légère L’anneau d’argent à son lobe La rendait fière et altière Car elle avait de faux airs De Carmen ou de gitane Ses yeux perçaient les faussaires Elle voyait…
-
La Bataille qui avait déjà choisi
Un Aujård leva le doigt. Il redescendit. Satisfait. — Qui a frappé ? demanda quelqu’un. Personne ne répondit. Mais un Koskvíkingar recula, touché par une hésitation très nette. Le sol absorba l’élan. Le rendit ailleurs. Le sable se tassa. Sans prévenir. Mårkvar chargea. Il arriva en avance sur un adversaire qui n’était pas encore là.…
-
Qu’il fit du vent
Dans la tiédeur du jardin aux lilas s’évaporent des parfums malicieux un vent subtil les emporte en habille de tendres et vaporeux sillages de falbalas. La brise imprègne tous les alinéas par virgules, soupirs ã chaque étage odeur voluptueusement blanche des fleurs perlées dans le feuillage de mon cher et vieux seringa. J’aime deviner…
-
La fable de l’auteur, du narrateur et de leur personnage (version remaniée)
Je ne l’ai pas quittée sur le quai d’une gare après l’unique nuit et en lui promettant de se revoir bientôt pour d’autres moments rares à chercher l’harmonie jusqu’à la fin des temps. Je l’ai assassinée. Qu’elle ne souffre pas après avoir goûté au bonheur absolu dans les bras d’un amant, et ce jusqu’au trépas…
-
Le vrai du beau
La couche fraîche d’amour baigne le feu des amants toute la nuit et un jour, leurs désirs trop impatients. L’hirondelle ce matin et les abeilles déjà butinant des lendemains qui chantent hantent mes pas. Vois le phacochère en rut qui piétine le gazon et se donne pour seul but de se trouver un blason. Le…
-
Le chemin de Damas
1. sonnet Je vivais dans le stupre et la fornication comme un Sardanapale à Sodome et Gomorrhe et au Capharnaüm de mon esprit retors parmi les bras cassés combien tordus du fion. Les femmes lascives trouvaient gré à mes yeux et ma lubricité se livrant dans les claques de l’Asie du Sud-Est où sévissaient les…
-
La guerre Koskvíkingarde
Ils sortirent de la hutte. Ou du manoir selon. Le dehors, lui, n’avait pas attendu. Il était là, installé, presque en avance. Le vent passa devant, comme s’il connaissait le chemin qu’ils n’avaient pas pris. La lande s’écarta légèrement. Par précaution. Mårkvar inspira — ou tenta. L’air entra avant même qu’il n’y pense. — Bon,…
-
Oyez mes amis
Oyez mes bons amis le doux chant des oyats s’accordant à la brise au plus haut de la grève sur les dunes plantées où un beau jour baya le cri des goélands qui s’affament sans trêve. Je chante les ormeaux et même les tourteaux au milieu du varech quand la mer se retire et que…
-
En parlant de ma Lorraine
Pour parler de ma Lorraine Avec mes p’tits mots Je voudrais rester sereine Avec ces chameaux Qui ne parl’ que de la plaine De leur Cotentin dondaine Ho ho ho Couchers vespéraux … Ils sont amoureux des vagues Brumes et rochers Du vent qui leur fait des blagues Et les fait rêver Pensent-ils…
-
Islamabad, ville d’Allah
J’irai sans avenant, mais pas sans avenir descendre l’avenue attendant sa venue. Puis à Islamabad poursuivrai ma ballade ; et manger la salade me sera régalade. Nous parlerons de paix et aussi de pétrole dans la ville d’Allah. C’est au nord du Pendjab que la peine de Job atteindra le Benji.
-
Ainsi parlait le docteur H.
Après dix ans passés sur les hauts de Cherbourg, la montagne du Roule ayant fait son office enjoint au bon docteur de redescendre en lice et jaser sans détour. Sa savante parole auréolée des astres aurait dû lui valoir une oreille attentive ou du moins accrocher sur les bords de la Dive les mots du…
-
La mer, toujours la mer !
La mer, toujours la mer… cétacé ! Toujours la mer, assez de mer Et d’océan Toujours bruyant Assez de vagues Devenues hashtag Et de rochers où s’accrocher Je n’en peux plus De cet afflux De cette écume Sur toutes les plumes Qui étincellent Sous tout ce sel Piquant les yeux, Diamants blancs -bleus De ce…
-
Du temps que j’étais un Martien
Du temps que j’étais un Martien moi, le bonhomme vert dans une soucoupe volante je vis un astre bleu. Mon GPS quantique m’informa que c’était la Terre où j’allais atterrir du côté du Moyen-Orient. Je refusai donc cette option en optant pour l’Europe de l’Ouest et surtout cette France dont j’aimais le babil. C’est à…
-
Agapète
Pierre était Don Juan, à la petite semelle Il pouvait à Casanova, donner leçons Sur un air de rumba, sur un air de flonflons Faire voler en éclat une jarretelle Ripolinant la cerise d’une donzelle Évidemment aussi agile qu’un mouflon L’aisance zinzoline d’un marteau pilon De Meuse rieuse jusqu’en Meurthe et Moselle Elles…